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Couleuvre à collier

Natrix natrix natrix (Linnaeus, 1758) und Natrix natrix helvetica (Lacépède, 1789)

couleuvre à collier

Nous connaissons en Suisse deux sous-espèces de la couleuvre à collier. La forme nominale, Natrix natrix natrix , n'est présente que dans la région nord-est de notre pays, tandis que la forme barrée, Natrix natrix helvetica, habite l'autre partie de la Suisse.

Comme tous les serpents inoffensifs de Suisse, la couleuvre à collier possède une pupille ronde. La tête ne se détache que peu du tronc et a le dessus recouvert de grandes écailles. Les signes les plus caractéristiques de ces deux races sont les taches - le plus souvent de couleur jaune - en forme de croissant à l'arrière de la tête. Ce collier, qui a donné son nom à l'espèce, est parfois peu marqué ou encore absent dans certains cas, cela surtout chez les formes mélaniques. La couleur de fond varie du gris clair au noir. La race helvetica se distingue de la forme nominale par la présence d'un dessin sous forme de barres noirâtres sur les flancs et parfois sur le dos.

Tandis que les mâles n'atteignent que rarement 1 mètre de longueur, les femelles peuvent mesurer jusqu'à 130 cm. La forme barrée est en moyenne nettement plus longue et vigoureuse que la forme nominale.

 

La couleuvre à collier est une bonne nageuse et très souvent elle se réfugie au fond de l'eau en cas de danger. Elle n'est pas très sédentaire. Il existe toutefois certains endroits au sein de l'habitat de ces animaux, où ils ont tendance à se regrouper. Mais les différents individus ne sont que rarement observés sur le même site durant une période prolongée.

La couleuvre à collier quitte son lieu d'hibernation début avril. L'accouplement a lieu en mai. Durant cette phase, les sites favorables peuvent souvent réunir plusieurs animaux. Les oeufs sont déposés en juillet dans les tas de fumier, de compost ou autres entassements de végétaux en décomposition produisant de la chaleur. Suivant la taille de la femelle, le nombre d'oeufs déposé est de 10 à 30, voire 50 dans les cas extrêmes. La sortie des couleuvreaux se situe vers la fin août; ils mesurent alors environ 20 cm. Vers la mi-octobre, les couleuvres se retirent dans les lieux d'hibernation.

Les couleuvres à collier sont peu agressives et possèdent un grand nombre d'ennemis (rapaces, hérons, chats, renards, mustélidés, etc.). Elles sont de ce fait très farouches et prennent la fuite à la moindre alerte. Si la fuite échoue, certains animaux essayent d'intimider l'agresseur en aplatissant la tête - ce qui rend l'animal plus menaçant - et en soufflant bruyamment ou en attaquant le museau clos. De véritables morsures sont rares et inoffensives. Si elle est saisie, elle libère un liquide cloacal nauséabond et le repend par des mouvements saccadés de la queue. Elle simule parfois également la mort lorsqu'elle se sent menacée en gisant inerte, sur le dos, gueule entrouverte, langue pendante.

Le régime alimentaire comprend avant tout des grenouilles, des crapauds, des tritons et des poissons. Occasionnellement, ce serpent mange également des lézards et des souris. La couleuvre à collier ne tue pas sa proie au moment de la capture, mais commence à l'avaler encore vivante par l'arrière du corps.

A l'exception des hautes Alpes et de quelques régions du massif jurassien, la couleuvre à collier colonise la Suisse entière jusqu'à une altitude de 2'000 m.

carte de répartition couleuvre tessellée

Cartes de répartition

En raison des ses exigences écologiques, alimentaires en premier lieu, ce serpent est fortement lié aux zones humides. Sur le Plateau, qui était à l'origine très riche en marécages, il se trouvait être le serpent le plus abondant. A la suite des améliorations foncières effectuées tout au long des siècles passés, ses habitats ont constamment rétréci pour devenir fragmentaires; les populations fournies y sont rares aujourd'hui. La destruction du milieu vital continue encore de nos jours avec la mise en culture de terrains improductifs et par la construction de routes et de maisons.

L'inventaire des reptiles du canton de Thurgovie démontre, entre autres, que les observations de couleuvres à collier se répartissent à part presque égale sur les habitats suivants: lacs et étangs (25%), milieux humides de plus petite taille (16%), cours d'eau (21%), gravières (20%) et autres types (18%). Les étangs et les lacs sont d'une grande valeur, puisque 62% d'entre-eux sont habités par la couleuvre à collier. Comme la plupart des étangs sont protégés, non isolés et de surface appréciable, ils sont de première importance pour la survie de cette espèce.

En Suisse, il n'existe plus qu'un petit nombre de sites de grande surface avec des populations abondantes de couleuvres à collier. Le plus souvent, sa présence se limite à quelques habitats résiduels. Dans ces cas, la survie de la population dépend étroitement des possibilités de communication avec d'autres biotopes. A cause de la destruction des différents biotopes et de la fragmentation des surfaces par la construction de routes, ces réseaux d'habitats se désagrègent.

L'utilisation de pesticides et l'eutrophisation des eaux peuvent contribuer directement par empoisonnement ou indirectement par la disparition des batraciens à la régression de la couleuvre à collier. Aux abords des agglomérations, la présence de chats en grand nombre et la destruction d'animaux par des personnes insouciantes constituent une menace supplémentaire.

Si la destruction et le morcellement continuent, la couleuvre à collier va disparaître de beaucoup d'endroits du Plateau et ne pourra se maintenir que dans quelques sites étendus.

Dans les Alpes, où la couleuvre à collier est largement répandue, mais avec des densités sensiblement moins élevées, les mêmes difficultés qu'en plaine - bien qu'à un degré moindre - peuvent apparaître. A cela s'ajoutent les travaux de terrassement pour les pistes de ski et l'envahissement par la broussaille des surfaces exploitées de manières extensives il y a peu de temps encore. Dans les milieux montagnards aussi, une diminution régionale peut être constatée.

Mesures de protection

Propositions concernant la protection de l'espèce qui devraient être prises en considération lors de l'établissement des plans d'aménagements du paysage et de la protection de la nature:

  • protection de toutes les zones humides encore existantes
  • établissement de plans d'entretien et d'aménagement pour les sites existants
  • protection de la nature en tant que forme d'exploitation finale pour les sites d'excavation actuels ou futurs
  • promouvoir la communication entre biotopes existants
  • création de zones tampons le long des cours d'eau et des zones humides
  • revitalisation des cours d'eau canalisés et des anciennes zones alluviales
  • création de nouvelles zones humides

Mesures concrètes d'entretien et d'aménagement:

  • contrôler l'envahissement par la broussaille
  • création de plans d'eau pour batraciens
  • aménagement d'un paysage richement structuré avec la mise en place d'empierrements et d'amas de bois
  • dépôt de branches coupées ou hachées aux endroits favorables (lieux de ponte)
  • aménagement naturel des rives, pas de construction compacte
  • exécution de travaux d'entretien en hiver
  • emploi restrictif des produits chimiques dans l'agriculture

 

 

C'est un serpent qui s'adapte à un grand nombre de milieux vitaux. La nourriture, l'abri, les gîtes, les lieux de pontes et les sites d'hibernation sont les ressources essentielles dont cette espèce a besoin. Ces conditions se retrouvent dans les tourbières plates, sur les rives encore naturelles des étangs et des lacs, le long des rivières, dans les zones fluviales inondables ainsi que dans les gravières et les glaisières. Dans les régions favorables, ce serpent colonise également les clairières et les lisières de forêts.

Dans les Alpes, la couleuvre à collier habite aussi les abords des torrents et des éboulis. Les densités les plus élevées sont enregistrées sur les rives des grandes rivières et des lacs, au bord des grands étangs et dans les zones humides de grande surface. Dans le voisinage des ces noyaux de population, de petites zones humides et des milieux nouvellement créés tels que des gravières sont également colonisés. Toutefois, une fois isolés, ces sites de petites dimensions ne sont souvent pas en mesure de maintenir une population viable.

 

couleuvre à collier

Couleuvre à collier

couleuvre à collier et habitat

la Couleuvre à collier dans son habitat

couleuvre à collier juvénile

Couleuvre à collier juvénile

couleuvre à collier et grenouille rousse

Une couleuvre à collier attaquant une grenouille rousse, malheureusement trop grosse pour cette couleuvre

habitat type de la couleuvre à collier

Habitat type de la Couleuvre à collier

Fiche espèce

  • Coprs élancé, mais vigouereux
  • Grande tête clairement distincte du cou
  • Couleur de fonds gris clair à gris foncés, brunâtre ou beige, plus rarement verdâtre
  • Barres transversales noires sur les flancs (absente ou remplacée par des points chez la sous-espèce nominale N. natrix natrix)
  • Grand oeil à pupille ronde
  • Grandes écailles sur la tête
  • Ecailles labiales (lèvre supérieur) en contact avec l''oeil
  • Deux tâches latérales claires derrière la tête (collier)
  • Ecailles labiales bordées de noir vers l'arrière

Natrix_natrix_Andreas Meyer.jpg (Ringelnatter / Couleuvre à collier / Natrice dal collare)
La Couleuvre à collier - Animal de l'Année 2015 de Pro Natura
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